Fairytale of Perversion - Exeloume (2011)

Publié le par Mordhogor

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Ouahhhhhhhh.... Mais... que.... oh ma tête !...mais... que fais-je devant la page de travail de mon blog ?... Désolé... je... je crois avoir eu une brutale perte de connaissance... Ah ! Voilà, ça me revient !

Avant d'entamer une nouvelle chronique, je m'imprègne toujours de l'album et l'écoute une, deux, voire même trois fois d'affilée (en sachant que je le sors de ma métalthèque et que je le connais donc déjà).

Mais là, j'avoue avoir été pris par surprise, comme à chaque fois que je mets le premier brulôt d'Exeloume dans le lecteur. Je le sais pourtant, cet album de thrash sérieusement mâtiné de death metal, il faut absolument s'en méfier si l'on ne veut pas terminer sur le carreau, décoiffé par le vomissement éjecté en un jet sordide et violent des enceintes qui, quant à elles, sont désormais hors d'état de nuire.

Cela dit, passé le premier choc, je peux vous garantir que l'on rencontre l'effet inverse, et que ça vous réveille un mort vite fait ! A conseiller aux accros au café qui voudraient décrocher !

Commençons avant tout par ce qui a représenté pour moi l'argument d'achat de l'album des norvégiens furieux : la pochette ! Oui, je sais, certains diront que j'ai un goût douteux, mais le travail d'Edward Repka est là, tout imprégné de l'air malsain de la fin des années 80 et du début des années 90. Vous voyez pas ? Mais si, c'est à cet artiste spécialisé dans l'artwork des albums de metal que l'on doit les plus célèbres pochettes de Megadeth (Peace Sells..., Rust in Peace !), Death (Scream Bloody Gore, Leprosy !), sans oublier d'autres tout aussi historiques de Massacre, Toxic, Municipal Waste et Nuclear Assault. Des couleurs souvent flashy, allant du vert au bleu en passant par le spectre du mauve, le tout illustrant des armées de squelettes et de zombies aux idée belliqueuses. Belle idée de déco pour Noël, tiens !

Puis il y avait le titre, Les Contes de Fées de la Perversion, tout un programme ! La chronique parcourue à l'époque parlant d'un techno-thrash décapant, je me suis alors risqué à l'achat.

Eh bien, à l'heure où Slayer ne fait plus peur, où la bande à Mustaine s'habille en costard et où Metallica s'acoquine avec Lou Reed, voilà qui rassure sur le futur du thrash ! Je sais que l'on peut toujours compter sur l'arrière-garde, ces grognards sentant encore la sueur et la bière, relégués au second plan depuis toujours mais qui on récemment livré des galettes survitaminées (Kreator, Over Kill, Destruction, Testament), mais il est heureux de voir que de temps en temps apparaissent de nouveaux groupes qui font revivre une flamme sans surfer sur la vague facile du simple revival à la mode. Je cite volontiers ici Savage Messiah, Raise Hell, Sylosis et Bonded by Blood, premiers combos récents et de talent me venant à l'esprit.

Non, le thrash n'est pas mort ! Grâce à Exeloume, il est même plus violent et rugueux que jamais, radicalisant le propos, comme Sylosis, par un chant se rapprochant fortement du death metal.

Après deux démos, les norvégiens passent à la vitesse supérieure et livrent un premier album d'une intensité rare, empli de douze morceaux heureusement courts (car on frôlerait le "trop c'est trop" sinon), à la production impeccable. Même la basse est audible, ce qui relève de l'exploit au vu du mur de son érigé par les guitares et la batterie - celle-ci ne laissant aucun répit à la double pédale ! Normal, le mix est dû au travail de Dan Swanö, que je ne vais pas vous faire l'injure de présenter (il mériterait un seul et long article à lui tout seul !).

Petite intro blindée avec voix trafiquée, Lex Talionis annonce la couleur : se sera oeil pour oeil, dent pour dent ! Et dès Blind Billions, mémé est décoiffée. Le chant d'Oystein Haltbakk surprend tout d'abord. La musique est du thrash, c'est indéniable, mais la voix, elle, se cherche dans les extrêmes et ferait peur à ce vieux démon de Glen Benton ! Ensuite, c'est la musique que l'on remarque. Les musiciens profitent de l'impeccable production pour mettre en avant tout ce qu'ils ont dans le ventre. Et des tripes et du talent, ils en ont ! Derrière l'incroyable violence de chaque titre - ne cherchez pas de ballade, y'en a pas... préférable, non ? - on ne peut que s'agenouiller devant la technique incroyable dont chacun fait preuve. Tout va très très vite, ça riffe à tout va, mais ça change de rythme aussi. Rien de linéaire derrière l'impact sonore qui nous assène de grands coups de matraque sur la tronche. J'oserai presque dire que cela pourrait s'assimiler à du thrash brutal progressif (mais le terme n'existe pas), le tout passé en accéléré. Il y a des breaks à tout va, et comme chaque morceau n'excède jamais les 4 minutes (sauf sur Faceless Children et ses 5mn18, titre qui se fend vers la fin d'étranges choeurs !), autant dire qu'il faut s'accrocher aux branches pour tout saisir.

Les soli sont plaqués sur les cordes à une vitesse incroyable et je tire mon chapeau à Alessandro Elide, le batteur, qui enchaîne avec brio les morceaux rapides mutant en l'espace d'un instant en un rythme hypnotique (Locus Ceruleus !). Ce gars-là doit physiquement être plus proche de l'octopus que de l'homo-percussionus !

Bon, certains diront que trop de technique tue l'émotion, et ils n'auront pas tort. Il est vrai que l'on a du mal à respirer au travers de ces 44 minutes de folie, mais un peu de démonstration ne fait pas de mal de temps en temps, et il faut savoir varier les plaisirs.

Des morceaux tels que Blind Billions, Fayritale of Perversion, Locus Ceruleus, Psychopath, Tool of God et The Bitsa Maniac (avec son étrange break situé en milieu de morceau) sont de véritables régals (pour les oreilles pas fragiles !). Quant au chant/hurlement, il faut avouer que Oystein a une façon vraiment particulière de... vomir ses propos, méthode qui représente un jouissif défouloir ma foi ! Le morceau éponyme en est une véritable démonstration (autour  d'1mn30, ahhhhhh !). Tool of God encore, sur laquelle il éructe comme un damné criant à ses tortionnaires qu'ils n'y vont pas assez fort, le tout avant que la basse n'adoucisse le propos, suivie par la batterie et la guitare, et ce avant bien sûr que la rage ne reprenne le dessus en un chaos technique.

Pour terminer l'album, avec Our Poisonous Creation, on a droit à un bonus d'écorché vif, Dan Swanö lui-même venant s'arracher la gorge sur le morceau, ajoutant un peu de grunt et un soli death acéré à en découper le rôti.

Voilà, les norvégiens sont présentés, et pour ma part adoptés depuis longtemps. Reste plus qu'à se recoiffer, et attendre le prochain effort, sur lequel on espère trouver un brin d'émotion, façon Devilyn à la Raise Hell, avec peut-être un peu de mid-tempo pour varier les plaisirs. La première mandale était brutale, la deuxième se devra d'être moins expérimentale... tout en restant létale !

 

Bonne écoute, et vive la Norvège ! Je vous ai laissé en témoignage le délicat Tool of God, morceau le plus court et le plus rapide de l'opus, avec son break d'enfer !

 

Stéphane DELURE

Publié dans Thrash metal

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Chabernaud 19/11/2012 13:52


Magnifique pochette et morceau très pêchu

Chabernaud 19/11/2012 13:51


Magnifique pochette et morceau très pêchu