L'Abominable Docteur Phibes

Publié le par Mordhogor

abominabledrphibesdd
Le DVD est une formidable machine à remonter le temps. Preuve à l'appui, j'insère hier soir le disque dans le lecteur, et je me retrouve comme par miracle plongé dans les délires stroboscopiques typiques des productions anglaises des années 70. Le film dont nous allons parler date de 1971, il relate cependant des faits se situant dans les années (parait-il, parce que les tapisseries me paraissent bien datées des seventies, mais bon...).
Attention, film OVNI, vitrine reluisante du kitsch dégoulinant dans l'univers du film d'épouvante. Et si le sang était au rendez-vous, on pourrait parler de grand-guignol. Les meurtres décrits, même s'ils peuvent paraître impressionnants sur le papier, restent tout à fait regardables, même si la bobine multicolore est à éloigner du regard des jeunes enfants.
Le synopsis ? Une banale histoire de vengeance. L'épouse adorée du Dr Phibes - qui n'était pas docteur, mais artiste de music-hall, et qui est interprété avec délice par un Vincent Price en roue libre ! - est morte sur une table d'opération. La belle s'appelait Victoria, et il va falloir tuer, massacrer les responsables de son odieux trépas, accompagné en cela par la fidèle et muette Vulnavia (si j'ai un jour une fille, je l'appelle comme ça !) ! Et ces misérables docteurs et infirmières sont au nombre de 10, ce qui tombe bien puisque c'est le nombre des fléaux qui se sont répandus sur l'Egypte il y a plus de 2000 ans pour punir les pharaons du sort qu'ils réservèrent aux hébreux ; on appelait cela le G'tah, si j'ai bien compris (prononcer avec un "G" bien guttural, sur lequel se bloquue la langue, suivi du "tah" qui videra l'air de vos poumons). Heureusement que ces plaies n'étaient pas au nombre de 43, car il aurait fallu massacrer la clinique !
Chaque meurtre (le premier a déjà été commis quand débute la bobine) aura donc le parfum exotique de l'une des plaies bibliques, et sera prétexte à un lourd et complexe cérémonial, véritable festival de l'absurde autorisant au nom du kitsch les délires les plus fous. Et voilà bien là le séduisant attrait de ce film étrange. La vraisemblance n'est évidemment pas de mise et l'illogisme forcera le plus souvent les victimes des meurtres à oublier toute résistance salvatrice : comment en effet accepter qu'un vieil homme, à moitié infirme, puisse vous vider lentement de tout votre sang par transfusion alors que vous vous débattez comme un beau diable ? Comment peut-on autoriser des chauves-souris - certes de belle taille - vous griffer et lacérer à mort ? Comment accepter sans bouger de se faire tartiner d'une gélatine dopée à la chlorophylle pour se faire dévorer jusqu'à l'os par de féroces sauterelles ?
Eh bien dites OUI, c'est tout ! C'est du troisième degré, et c'est délectable.
Il y a quand même un homme transpercé par une licorne, et là c'est rapide. Et ne ratez pas le moment à mourir de rire où les inspecteur vont le dévisser du mur !!!
Quelques scènes qui préfiguraient les délires de Saw : un masque de grenouille armé d'un mécanisme se resserrant en vue de faire éclater le crâne, et surtout, l'obligation d'un père, sous chronomètre, d'ouvrir la cage thoracique de son fils afin de récupérer la clé qui le délivrera de l'acide sur le point de se déverser sur son visage !
Quant à Phibes, Vincent Price, il en fait des tonnes : comme il a été défiguré dans un accident de voiture, il se maquille en mêtant des postiches divers (en dessous, il porte en fait un maquillage que vous même pouvez surpasser en achetant un masque de momie au magasin de farces et attrapes du coin !), il parle également en collant un stéthoscope relié à un phonogramme contre sa gorge, car il n'a plus l'usage de la parole. Il porte bien entendu un jolie cape mordorée, joue de l'orgue dans un salon déguisé en cabaret "années folles" avec orchestre de marionnettes, et il se déplace dans une voiture aux vitres teintées décorées cependant de son visage de profil (et même de dos !).
C'est fou, allez-y et regardez ça avec des potes, moi, je me prépare à regarder le numéro 2 !

Bon film !

Stéphane DELURE

Publié dans Cinéma d'épouvante

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grissom 31/03/2010 08:01



J'ai entendu parler de ce film dans un de mes superbes trois tomes des Craignos monsters , rien que pour le grand Vincent price ça attise la curiosité........ça a l'air assez gore le descriptif,
je dois avouer que l'on se demande à quoi ça peut ressembler du gore saupoudré de kitsch.......