La Femme Scorpion

Publié le par beyondthewallofsleep.over-blog.com

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Voilà ! Cette semaine, profitant d'un soir de calme, j'ai entamé le visionnage de la saga sasori, série également connue sous le nom de La Femme Scorpion, l'histoire du prisonnier 701.
J'avais déjà vu ce premier volet, le possédant par le biais du coffret Femmes Fatales, sexe et crauté au Japon (tout un programme  !) de chez Metropolitan - HK Video. Et j''ai récemment déniché l'intégrale de cette série, éditée chez Pathé dans un sobre coffret maheureusement dépourvu de livret. J'ai donc cette fois-ci les six films en ma possession. Niark!
Amateurs de cinéma japonais déviant des seventies, de ce cinoche rempli de trouvailles visuelles et de stéréotypes chers au pays du soleil rouge sur fond blanc (fétichisme des petites culottes, femmes soumises aux bas instincts de mâles stupides et grimaçants, sadisme exacerbé, violence et cruauté à tous les étages), vous allez être servis !
La sublime Meiko Kaji, par ailleurs interprète de la chanson du film récupérée par Q. Tarantino dans Kill Bill (et dont je vous recommande la compilation, assez facilement dénichable en import), illumine la pellicule de son regard farouche.
L'histoire est simple, et n'est qu'un prétexte à des délires visuels souvent hallucinants et au traitement immodéré d'obsessions en tout genre : une femme est trahie par le policier corrompu qu'elle aimait, elle passe par la case prison, où elle va subir humiliations sur humiliations, prête à tout supporter pour assouvir sa vengeance, se drapant alors dans son habit noir d'ange destructeur.
Sous l'influence des studios Toei, du réalisateur Shunya Ito, le personnage vulgaire des mangas d'origine va devenir une prisonnière silencieuse secouée d'éclairs de violence implacables après avoir bien entendu subi d'insoutenables tortures (mais comment fait-elle pour marcher encore à la fin du film ???).
Et c'est vrai que le film est violent, et seul le sang volontairement orange de l'époque permet de supporter certaines scènes. Mais le film n'est qu'un fantasme, l'image sublimée d'un genre à part entière. Les matons lubriques et sans retenue sont l'image d'une société machiste, patriarcale et mysogine, image que détruira l'héroîne dans la scène finale lorsque le couteau - sympbole hautement masculin -, qu'elle vient d'utiliser passera tel un éclair fulgurant devant le drapeau japonais.
En plus de sa violence stylisée, le film de prison s'éclaire de couleurs éclatantes en rupture avec les couleurs sombres attendues. Lors de la révolte finale, le ciel prend des accents surréalistes. La liberté est totale : le réalisateur peut tout se permettre, comme des raccourcis scénaristiques éludant certains points qui ailleurs auraient été essentiels à la narration sous peine de critiques assassines.
L'une de mes scènes préférées : le duel sous la douche entre l'héroïne et l'une des prisonnières perverses désirant sa mort ; cette dernière, son visage tailladé devenant un masque de théatre japonais grimaçant, ne réussira qu'à crever l'oeil du directeur de la prison avec un tesson de verre, et celui-ci n'affichera pour toute émotion qu'une vive (et compréhensible) colère !
Nous sommes en 1972. C'était un an avant ma naissance ! Attention, chef d'oeuvre ! J'évite de trop en dire et vous invite à juger par vous-même : une idée par plan, et il y en a des plans !
Et il paraît que le deuxième volet est meilleur encore ! Meiko Kaji rempilera encore 3 fois (en 2 ans !), avant de passer finalement la main pour les deux derniers films de la série.

@ bientôt pour le deuxième volet !

Stéphane DELURE

Publié dans Cinéma japonais

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