Le Retour de l'Abominable Dr Phibes

Publié le par Mordhogor

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"On ne menace pas de mort quelqu'un qui l'est déjà, menacez-moi plutôt de vie éternelle" avait déjà dit le Dr Phibes dans le premier film du dyptique. Chose promise, chose due, le terrible organiste est de retour pour mener sa femme défunte sur le fleuve des morts des anciens égyptiens, et partir avec elle vers les contrées éternelles de l'au-delà.

1972, soit un an après avoir réalisé le premier méfait du désormais célèbre docteur, et Robert Fuest, jugeant que la peinture n'était pas assez voyante, en remet une couche de kitsch. Il va rameuter une bonne partie du casting ayant sévi dans le numéro 1, n'hésitant pas à distribuer les rôles à des acteurs ayant pourtant péri dans le premier volet.

Le nouveau délire baigne encore plus que précedemment dans l'exotique oriental puisque le docteur nous entraîne cette fois-ci au coeur des pyramides égyptiennes. Un antique papyrus (prononcer "peu-païe-weussss !) nous promet le secret de la vie éternelle, et permettra à Phibes (après 6 morts bien entendu) de rejoindre les bras froids de sa chère et tendre épouse, incarnée par la plantureuse Caroline Munro, égérie des productions bis britanniques de l'époque (je parlerai d'elle prochainement à travers la fiche de Captain Kronos contre les Vampires !) : c'est elle, souvenez-vous, qui meurt violemment pénétrée par un missile lancé par James Bond/Roger Moore dans l'Espion qui m'Aimait, tranquillement installé au volant de sa Lotus Esprit naviguant au fond de l'océan ! culte de scène !).

L'ambiance exotique de pacotille apporte un parfum très agréable que n'avait pas le premier volet. Le kitsch se renforce, et là, c'est délire à tous les étages. Pas besoin d'en dire trop, regardez : il y a Vincent Price marchant au pied des dunes habillé d'un magnifique burnous de satin blanc, tel un Pierrot sadique : le richissime organiste (faut croire que ça rapporte !) a construit une réplique de cabaret des années folles (nous sommes dans les années 30) au coeur d'une pyramide égyptienne ; l'assistante mystérieuse de Phibes, Vulnavia (changement d'actrice car la précédente était enceinte au moment du tournage), est rappelée d'entre les morts on ne sait trop comment  - elle était brulée à l'acide dans le numéro 1 quand même - change de tenue à chaque scène et traverse la pellicule sans dire un mot, en dansant, parfois au coeur d'un kaléidoscope géant  ; Peter Cushing, lui, joue pendant 2 courtes minutes le capitaine du bateau reliant les deux continents.

Les meurtres sont toujours aussi compliqués, et sont de plus en plus les ancêtres incontestés des dérives sanglantes de la série des Saw : un homme, charmé par Vulnevia, se fait coincer les bras entre les pinces d'un scorpion d'or géant, la clé des "menottes" est placée devant lui dans un dalmatien en porcelaine accroupi devant un gramophone (cela vous dit quelque chose ?), la victime réussit à briser le chien, mais il y avait à l'intérieur des dizaines de scorpions qui vont bien sûr le piquer partout partout (zut, c'était un spoiler !).

C'est stupide, naïf, charmant et même poétique : le corps d'un homme est rejeté sur les plages britanniques, prisonnier d'une bouteille de deux mètres de long (très drôle en fait, surtout qu'il buvait, et que c'est une bouteille de gin !), la défunte Victoria est enfermée dans un sarcophage de verre façon blanche neige (renforcé plus tard par un cabochon de Rolls Royce).

Bref, c'est du cinéma fauché mais riche en délires visuels, comme je les aime.

Il y aurait encore beaucoup à dire, mais je vais m'arrêter là, vous laissant écouter la voix inimitable de Vincent Price, qui en 1975, accompagnait Alice Cooper dans le mythique album Welcome to my Nightmare, bien avant que Michael Jackson ne lui pique l'idée sur Thriller ! Là, je ne n'ai pas réussi à retrouver le morceau, mais la voix de Vincent est là, puisée dans l'une de ses inimitables tirades. Dernière confidence : Tim Burton a sobrement intitulé Vincent l'un de ses courts métrages d'animation, qui reste une perle à re-découvrir !

@ bientôt pour de nouveaux délires, et j'attends vos commentaires, vos petites anecdotes !
Stéphane DELURE (animal nocturne).

Publié dans Cinéma d'épouvante

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