Liebe Ist Fur Alle Da - Rammstein

Publié le par Mordhogor

2009 ou l'arrivée du sixième opus de Rammstein, groupe d'électro-metal ou tanz-metal fondé en 1994 dans le doux pays des teutons.2546001845_small_1.jpg

De nombreux fans s'étaient inquiétés en 2001 suite aux rumeurs de split ayant suivi Mutter, troisième album et chef d'oeuvre du groupe, d'autres avaient tremblé après les semi-déceptions (pas pour moi en tous cas !) que constituaient Reise, Reise et surtout Rosenrot (enregistré trop rapidement après le précédent et composé essentiellement des chutes de ce dernier, c'est vrai, mais quel album quand même ! Ah, Te Quiero Puta !), et autant dire que l'album du cru 2009 était attendu comme le messie.

Verdict ? Eh bien 15 ans après leur explosif Herzeleid, les six comparses ont avec intelligence préparé leur retour et rien perdu de leur énergie. Car Rammstein, c'est bien de cela qu'il s'agit : de l'énergie à l'état pur, symbolisée par le feu qu'ils manient si bien sur scène (même si Till Lindemann, chanteur, compositeur et pyrotechnicien du groupe, s'est brulé plus d'une fois).

Un album réussi de Rammstein, cela s'entoure tout d'abord d'un parfum de scandale, ce qui manquait aux deux précédents opus (se moquer de l'hégémonisme américain, ce n'est plus un scandale, c'est au contraire tendance !). Alors comment ne pas mieux lancer la machine de guerre qu'en diffusant le clip du premier single, Pussy (je vous fais la traduction ?) - véritable oeuvre pornographique à la morale toute simple : "You've got a Pussy I have got a Dick ah, So what's the problem let's do it quick" ! - sur un site de rencontres à caractères sexuels pour adultes. Et regardez le magnifique livret montrant les membres du groupe figés dans une sorte de tableau pré-raphaélite à l'ambiance teinte de sadisme. Le goût pour la chair sous toutes ses formes y est évident mais n'a pas été de celui de nos amis allemands qui ont censuré ladite pochette. Heureusement, les français aiment bien la fessée !

Et la musique dans tout ça ?

Elle est comme le son, énorme !!! Le groupe a muri mais garde son univers bien à lui. A part les quelques paroles évoquées plus haut, l'intégralité de l'album est déclamé dans la langue de Goethe, et cela n'a rien à voir avec Tokyo Hotel !

L'album s'ouvre sur Rammleid, un titre qui reprend et mixe les rythmes d'Herzeleid et Rammstein, indispensables morceaux de l'indispensable premier album. Aucune prise de risque, mais le morceau est là pour rassurer : le groupe est de retour vers ce qu'il fait de mieux ! Electro et ryhtmique martiale en béton armé !

Ich Tu Dier Weh ensuite, premier chef d'oeuvre du nouvel opus. Rythmique électro toujours, et un son metal qui revient au moment du refrain, véritable hymne impossible à s'enlever de la tête qui va connaître un véritable succès sur scène, c'est sûr. La voix de Till Lindemann s'impose comme la marque non seulement du groupe mais celle d'un genre à lui tout seul qu'il est impossible à confondre avec n'importe qui d'autre !

Waidmanns Heil, morceau s'ouvrant bizarrement sur un son de cor de chasse avant que les chiens ne soient lachés. C'est la rage du premier album, avec cette ambiance à la limite du punk donnant envie de headbanguer comme un fou et de frapper son voisin. Refrain entêtant à nouveau ! Excellent !

Haifisch offre le séduisant mélange de la rythmique électro et de la voix si particulière de Till. Imparable refrain là encore. Les guitares sont en retrait, c'est vrai, mais cela repose après le morceau précédent.

B****** ensuite (sûrement un gros mot ?), morceau tout en puissance au refrain hurlé comme jamais après quelques couplets récités comme le ferait un dou cinglé. La guitare revient et vous découpe en morceaux, elle fait froid dans le dos.

C'est au tour de Frühling in Paris, oeuvre récréative et douce - il s'agit d'une ballade accompagnée à la guitare acoustique - dessinant une histoire dont je ne comprends malheureusement rien (faute à mon choix de prendre espagnol en seconde langue !) se déroulant dans un Paris romantique aux couleurs de carte postale. Le refrain chanté en français avec un fort accent allemand reste dans la tête encore une fois.

Wiener Blut plonge l'auditeur dans les eaux bleues du second album, Sehnsucht, et le refrain réveille à coup sûr ceux qui s'étaient assoupis.

Arrive enfin Pussy, le single irrésistible aux paroles si délicieusement frivoles ("mets ta saucisse dans ma choucroute" !). C'est beaucoup d'électro là encore, mais la batterie balance bien à l'arrivée du refrain. Till chante les dures lois du sexe : "Too big too small, size does matter after all" ! Donc, après avoir été soupçonnés de nazisme, de communisme époque Staline, d'homophobie, les teutons sont maintenant et clairement portés sur la chose. Ils sont finalement ce que nous sommes tous un peu, et ils le crient avec humour ! 

Liebe ist fur alle da ensuite, morceau bien rythmé mais dont le son a perdu un peu de lourdeur par rapport aux premiers titres. Erreur de mixage ? C'est plaisant et on suit surtout l'interprétation une fois de plus impeccable de Till. Voilà un chanteur qui vit vraiment ses textes et nous livre à chaque fois un véritable show. Et dire qu'il ne voulait pas chanter aux débuts du groupe !!! Rammstein ne serait pas ce qu'il est sans lui, c'est sûr.

Mehr serait presque tendre si l'on omettait le refrain, un refrain très marqué par le premier album du groupe et par ce son si particulier que les six allemands ont enfanté.

On termine par Roter Sand, qui commence par un air sifflé semblant sortir tout droit d'un classique de l'âge d'or du cinéma noir et blanc (enfin, c'est ce que ça m'inspire). Acoustique, reposant, mais il était temps que l'album s'arrête cela dit. Parfait cependant pour fermer le rideau et promettre aux fans que le groupe reviendra bientôt pour de nouvelles aventures.

A noter que pour ceux qui comme moi n'en ont jamais assez, il existe une version de l'album contenant un deuxième disque renfermant cinq morceaux vraiment très intéressants.

 

Bon, je vous laisse, car je dois écouter l'album encore une fois...

 

Bonne écoute,

 

Stéphane DELURE

 

 

Publié dans Electro-metal

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Grissom 21/04/2010 06:17



Rammmstein j'aime pour plusieurs raisons : la voix du chanteur identifiable immédiatement et terriblement accrocheuse, le mélange de morceaux à la rythmique hyper pêchue et de belles ballades, un
univers à part avec des clips sulfureux mais o combien originaux.......



Mordhogor 21/04/2010 08:25



Ramm....stein !