Made of Metal - Halford (2010)

Publié le par Mordhogor

halford-madeof.jpgSalut à tous, le plus fainéant des chroniqueurs de France est enfin de retour. Il aura fallu pour cela attendre la sortie du nouvel album du sieur Halford, rien de moins.

Car fan du Metal God depuis 1990, date de découverte du terrifiant Painkiller qui reste encore pour moi le sommet insurpassable du Metal, je ne pouvais décemment pas passer à côté de l'occasion de vous parler de la nouvelle galette que je viens d'ingurgiter à de multiples reprises, frôlant l'indigestion !

Ce n'est qu'il y a quelques semaines que j'ai découvert la sortie imminente de l'album, sobrement intitulé Made of Metal. J'ai comme beaucoup écouté un grand nombre de fois le titre éponyme, visible sous forme de clip un peu partout et montrant un alien belliqueux s'adonnant aux joies du stock-car. Un titre accrocheur, aux guitares aggressives, agrémenté de sons électroniques donnant une ambiance futuriste à l'ensemble, de quoi être intrigué sur la teneur du reste de l'album, le sieur Halford nous ayant habitué depuis longtemps à faire de sa carrière solo un tracé tout sauf rectiligne. Rappelez-vous le premier Fight, War of Words, brulôt de power metal incomparable qui ressemblait à du Pantera sous acides et réussissait l'exploit de renouveller l'énergie qui se dégageait de Painkiller, tout en offrant autre chose que du Judas Priest. Lui succéda A Small Deadly Space, tout aussi violent dans l'esprit mais plus complexe et torturé, un album tout sauf commercial. La parenthèse Two arriva, véritable faute de goût selon moi, la puissante voix du Metal God n'ayant rien à faire dans les méandres d'un indus à la limite du pop et de ses "shanana" exaspérants !

Vînt enfin Halford, le groupe, avec le chef d'oeuvre à juste titre intitulé Resurrection, empli de tubes métalliques jusqu'à la gueule, avec notamment la chanson Silent Screams, probablement ce que le Rob a chanté de mieux jusqu'ici ! Suivit un live d'anthologie, sortant du placard pour notre plus grand bonheur la chanson Light Comes Out Of Black, née d'une violente copulation avec la team de Pantera. Et le clou fut enfoncé avec un album plus personnel, là encore très sombre et beaucoup moins versé dans la facilité, Crucible. Car il est comme ça le Rob, il compose selon son humeur et se complet à échapper au formatage dans la carrière qu'il suit en parallèle avec celle de Judas Priest. C'est ainsi que l'an dernier il nous a offert un album de... Noël, qui était loin d'être mauvais (écoutez les trois premières chansons et tremblez, pauvres mortels !), même si difficile à écouter en plein été (j'ai essayé, ça l'fait pas !).

Alors, vous me direz, il est comment le petit dernier ? Ni totalement heavy, ni sombre à l'excès, ni baigné dans les sucreries de fin d'année. Il est très ouvert, sans véritable logique, ce qui donc forcément va enlever de la cohérence à l'ensemble. Vous voilà prévenus ! Cet album pourrait s'écouter en fait comme une compilation de faces B enregistrées tout au long des 40 ans de carrière du Metal God. Place aux surprises donc, qui vont mériter quelques écoutes avant de délivrer tout leur parfum.

Comme il faut faire chauffer un moteur (celui de la voiture ornant l'horrible pochette... si,si, il faut le dire !), tout commence par Undisputed, un titre heavy au refrain qui grimpe magistralement, avant de manquer sa cible faute à un couplet il faut le dire un brin lourdingue. Fire and Ice poursuit en s'insinuant facilement dans les méandres de notre esprit, manquant cependant un peu d'épices. Vient ensuite le single dont j'ai déjà parlé, poursuivant sur une tonailité futuriste qui n'aura pas d'autre écho sur tout l'album.

Un brin de nostalgie arrive avec l'excellent Speed of Sound, dont le refrain est chargé des accents d'Electric Eye, l'un des incontournables de Judas Priest. Et puisque nous parlons de Judas, l'intro lumineuse de Like There's No Tomorrow nous transporte dans un univers très proche de ce qui nous était proposé sur l'excellent Nostradamus. La voix de Rob s'envole, portée par des passages vraiment très inspirés. Assurément l'un des meilleurs titres de l'album.

Arrive ensuite une bizarrerie, avec Till the Day I Die. J'aurais envie de parler de metal-cajun si le terme existait pour cette chanson qui commence sur un blues des bayous et se poursuit de façon très groovy. Une vraie surprise, très agréable avec du recul, et encore une fois un formidable écrin pour mettre en avant la voix inimitable du lead singer.

Les deux suivantes mettent l'accent sur la mélodie et la voix chaude du Metal God, agréables sans être pour autant mémorables.

Et arrive la piste 9 !!! Hell Razor, un titre qui me faisait saliver depuis la lecture du track-listing. Enorme surprise, on croirait ce titre sorti tout droit des sessions de Sin After Sin ! Manque juste de la puissance dans les aigüs, ce que vont bien entendu regretter les fans de la première heure. A presque 60 ans, on peut cependant encore largement admirer la performance, et ce titre me fait chaud au coeur à chaque écoute. Sûr qu'il aurait mis K-O en 1977 !

Déboule alors Thunder and Lightning, assurément l'un des meilleurs titres de Made of Metal, un tube doté d'un groove énorme, montrant que le feeling a été préféré à la puissance d'exécution. Vous allez taper du pied et des mains et adorer ce futur classique Halfordien (on croirait d'ailleurs un ancien tube tant il est instantané !).

25 Years n'arrive pas à imposer l'émotion recherchée, la faute à ces aigüs devenus si difficiles à atteindre aujourd'hui. Ce moment de répit après les deux titres précédents est cependant bienvenu.

Matador, titre heavy, reste efficace tout en manquant cruellement d'originalité. On pense là encore à la période Nostradamus - l'inspiration en moins -,surtout dans la façon dont le refrain monte.

On sent un peu de désespoir dans I Know We Stand A Chance (je parle ici du sentiment que cherche à traduire le titre), mais situé en fin d'album, le morceau a du mal à trouver sa place.

Arrive enfin, pour la clôture, le dernier ovni de l'album, The Mower, avec sa rythmique lourde et inquiétante, une intro flippante à la Touch of Evil, son chant entièrement hurlé par la voix stridente qui avait tellement manqué jusqu'ici. Rien entendu de tel depuis Crucible ! Et la chose se permet d'accélérer à 2 mn 20, déployant toute sa puissance. Rupture de ton avec le reste de l'abum, les guitares s'envolent enfin, prennent plus d'importance, et l'album se finit.

La galette s'avère finalement attachante à plus d'un titre, même si elle nécessite quelques écoutes avant de bien être apprivoisée, même si l'on aurait sincèrement aimé plus de duels de guitares, plus de batterie frappée avec la force de quatre bras. L'oeuvre manque sans doute d'une plus grande ambition et relègue sans doute pour l'instant (depuis Winter Songs en fait) le projet Halford à une simple récréation entre deux albums de Judas, mais chacun y trouvera de quoi patienter en attendant justement la nouvelle bible du metal qui aura l'insigne et redoutable honneur de succéder au dantesque Nostradamus.

En attendant, je vais m'écouter le nouvel Halford, je parle du Live in Anaheim que mon gentil facteur m'a fait parvenir ce matin. Je suis en fait en train d'écouter le titre Resurrection, hurlé dans les aigüs !!!!

 

Pour le plaisir, je vous propose en bonus le clip de Made of Metal, dans lequel un alien belliqueux se donne les moyens de remporter une course de stock car !

 

@ bientôt donc pour vous en parler !

 

Stéphane DELURE

 

 

 

Publié dans Heavy metal

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grissom33 20/10/2010 21:59



J'aime beaucoup Rob Halford et le clip de la chanson Made of metal m'a beaucoup plu...J'ai juste un bémol sur les chanteurs de groupe se lançant en solo, là pour moi Rob Halford ça restera
Painkiller, Night crawler, et autres pépites.....souvent en solo ça se démarque trop de ce que j'aime dans le groupe, j'ai aimé par exemple l'album de Paul Stanley solo mais c'est du Kiss pour
moi donc finalement pas de dépaysement,  là j'ai peur d'être déconcerté...même si pour conclure Halford est un Génie à la voix mons...tru...euse!



Mordhogor 23/10/2010 12:45



Ah, moi j'aime bien justement trouver quelque chose de légèrement différent, un brin de fantaisie que le groupe d'origine n'aurait pu offrir. Et puis, Halford a quand même offert avec
Resurrection l'un des meilleurs albums de sa carrière, surpassant nombre des albums de Judas sur leur propre terrain !