Megadeth, The System Has Failed

Publié le par Mordhogor

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Lovecraft, cet écrivain au charme suranné qui reste et restera mon auteur favori, avait cette étrange particularité, tout comme son ami Clark Ashton Smith d'ailleurs, de partir presque chaque nuit vers les lointaines contrées du rêve, ces territoires inaccessibles au commun des mortels chargés de tons pastels et peuplés de créatures improbables vivant des d'aventures sans nom.

Je fais des rêves étranges bien souvent, même s'ils n'ont pas la saveur et le souci du bizarre (quoique...) de ces grands écrivains qui étaient plus esprits que corps. J'en ramène de savoureux souvenirs, et quelquefois des objets inestimables ayant cette particularité d'être intangibles sauf pour moi.

Euh, vous vous demandez à ce moment de votre lecture si je ne me suis pas trompé de fiche ? Et vous avez tort ! Je suis un passionné de musique - essentiellement de metal et de bandes originales de films, et l'un de mes rêves récurrents favoris est de dénicher au hasard de ma discothèque un album oublié de l'un de mes artistes favoris, une perle rare dont personne ou presque n'avait la connaissance. Alors non, je n'ai jamais rêvé de cet album signé Megadeth sorti en 2004, 2 ans après l'épitaphe qui annonçait pourtant la mort du groupe de la Bay Area, ultime coup de gueule ou de pub du guitariste colérique, Dave Mustaine. Non, je n'ai jamais écouté, hélas, de morceaux imaginaires connus de moi seul de ce groupe que j'adore, mais à chaque fois que j'écoute ce disque, je ne peux m'empêcher de penser que cet album est pourtant le fruit vénéneux de l'un de ces rêves biscornus !

Pourquoi donc ? Peut-être est-ce parce que cet album arrivait justement au moment où tout le monde croyait le groupe défunt - car même si le blondinet n'avait convaincu personne en creusant la tombe de ce géant du thrash incarné par la mascotte Vic Rattlehead, il faut bien dire que la majorité pensait que l'inspiration était à jamais partie ?

Peut-être aussi est-ce parce que cet album est surtout un disque solo de Mustaine, qui avait fait le grand ménage autour de lui, et que cela ressemble à du Megadeth sans en être tout à fait - d'où cette impression de disque B de luxe du groupe mythique ? L'album sortit d'ailleurs sous le nom Megadeth pour bonne partie à cause d'une obligation contractuelle.

L'écoute sur internet du titre que j'ai mis en écoute - Die Dead Enough - m'avait totalement hypnotisé à l'époque (je ne saurais dire combien de fois j'ai appuyé sur la touche replay du site), avec son rythme puissant si chargé de mélancolie, véritable ode à la renaissance de ce phénix. J'ai toujours l'impression de voir le groupe (Mustaine donc) jouer ce titre fantôme sous la surface mauve d'un océan en perpétuel et lent mouvement (ouais, je sais, c'est bizarre, mais c'est comme ça).

Je me suis donc précipité chez mon disquaire dès que possible.

La claque !

D'entrée, 4 titres imparables, aux changements de rythme incessants, tout sauf linéaires. Mais comment est-il possible d'accélérer encore à 3 mn 10 du premier morceau, Blackmail the Universe ??? Les cordes de la guitare vont brûler ! Mustaine avait donc menti quand il avait dit être blessé au poignet !!!

Kick the Chair écrase tout sur son passage et Vinnie Colaiuta fait oublier Nick Menza en martelant ses fûts comme un diable. Mustaine arrache à son instrument d'incroyables soli avec son camarade Chris Poland, acteur pas revanchard des premiers temps du groupe (il s'était fait virer pour usage immodéré de substances illicites !).

The Scorpion impose professionnellement son refrain dans les caboches.

Autre titre mémorable de l'album, Back in the Day, et sa rythmique diabolique et incroyablement rapide en forme d'hommage à Iron Maiden (influence pas forcément évidente de Mustaine) : on dirait la suite du Back in the Village de la Vierge de Fer (Powerslave, sorti en 1984).

Autre titre indispensable et chargé de mélancolie tout autant que de hargne, Truth be Told, dénonçant la malédiction qui marque le sort de l'homme depuis le meurtre d'Abel par son propre frère Caïn.

Of Mice and Men (Des Souris et des Hommes) possède un refrain curieux et mélange le meilleur des périodes Youthanasia et Cryptic Writings.

Seuls les deux derniers titres ressemblent trop à un travail non fini, laissant un parfum de remplissage, et cela même s'ils sont à eux seuls supérieurs à Risk (l'album de 1999, pas le jeu !!!).

Alors bien sûr, les puristes diront que la production n'est vraiment pas à la hauteur de ce dont on peut s'attendre venant d'un groupe de cette trempe, mais bizarrement, je trouve que cela rajoute au côté "album fruit d'un rêve étrange"  et laisse à penser que tout cela n'était finalement qu'un songe merveilleux que l'on gardera jalousement, heureux d'être le seul au monde à l'avoir savouré.

 

Allez, courez acheter l'album si vous ne l'avez pas déjà !!!

 

Dave Mustaine,... euh, non, Stéphane DELURE !

 

PS : Pour ce qui est de la production monstrueuse, éclatez-vous les oreilles aux premières notes de Sleepwalker, ouvrant l'album suivant, United Abominations ! Mais on en reparlera bientôt...

Publié dans Heavy metal

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Grissom 03/04/2010 15:03



Ce qui me frappe en premier lieu dans les albums de Megadeth c'est la beauté des pochettes et la multirtude de petits détails que l'on y trouve.....Cet album a fait se rappeler Dave Mustaine à
mes oreilles, à dire vrai je le pensais mort et enterré depuis bien longtemps. J'ai retrouvé ce qui m'a fait aimer ce groupe. des morceaux pêchus des riffs assassins, Die dead enough et Back in
the day sortent du lot mais l'album dans son ensemble offre de beaux moments et nous montre que Mustaine reste un des piliers de la scène métal........