Necromentia - Pearry Reginald Teo (2009)

Publié le par Mordhogor

necromentia_poster3.jpgClient chez l'ami Mad Movies depuis presque deux décennies, je regarde chaque mois avec une certaine curiosité de quoi retourne le dvd proposé en accompagnement de ma revue préférée. J'ai ainsi découvert quelques perles de la série B d'épouvante,... et quelques bon nanars aussi.

Pour ce mois-ci (avril 2010 pour ceux qui lisent avec retard !), je n'ai pas hésité longtemps avant de tenter l'aventure : un croisement entre l'univers de Clive Barker période Hellraiser et les films nés dans le sillage de Saw, cela a de quoi susciter l'intérêt, et j'avoue avec délices être un fervent adepte de l'univers d'Hellraiser, même si je crie haut et fort ne pas pratiquer le sado-masochisme à tendance léthale !

J'ai donc rapidement attendu que la nuit soit bien avancée et mis dans le lecteur la dangereuse galette. Verdict ? Pas d'erreur sur la marchandise et pas de déception à l'issue du visionnage, et peut-être même y a t-il une envie de "revenez-y" tant l'histoire est loin du scénario simpliste de nombre de direct-to-video.

Trois individus se croisent et se recroisent, tous unis par une sombre histoire d'amour, et ils valent tous leur tranchant de scalpel : un barman muet transformé en démon ivre de vengeance au look tout droit sorti du comics Sandman de Neil Gaiman ; un coiffeur fou d'amour essayant de ressusciter le cadavre de sa femme, devenant au passage embaumeur et nécrophile ; un homme dont le métier est d'être bourreau SM (il y va fort en tranchant sèchement la phalange d'une cliente !), prêt à tout pour sortir de l'enfer son frère handicapé.

D'une façon ou d'une autre, ils vont tous faire un séjour dans les profondeus de l'Enfer afin d'y mener à bien leur quête, l'un d'eux se faisant scarifier dans la douleur une planchette ouija sur le dos, véritable porte vers l'Enfer, au même titre que l'était le rubik's cube d'Hellraiser. Le passage vers l'au-delà se fait comme chez Barker dans la douleur, celle des chairs et des âmes torturées.

Point de flammes dans l'Enfer de Perry Reginald Teo, seulement un tronçon d'un couloir façon sous-sol éclairé d'une lumière glauque, fermé d'ombre à ses deux extrémités, duquel émergent des créatures inquiétantes et grotesques, comme le démon Morbius affublé d'un masque à gaz semblant tout droit sortir des brumes toxiques de la Première Guerre Mondiale ou comme encore cet autre démon mineur aux allures de cénobite dont vous pouvez admirer le délicieux faciès sur la photographie jointe. Il y a aussi cet horrible diable obèse au masque porcin dont des perfusions sortent du groin, qui sort tout droit de la télévision que regarde passivement le jeune handicapé mental (c'est nous !), cette TV curieusement affublée d'un décor de théatre de guignol, chapiteau de nos fantasmes malsains.

La photographie est véritablement réussie, même s'il vaut mieux aimer les ambiances à la Se7en, Saw ou même La Cité des Enfants Perdus de Carot et Jeunet, autre influence évidente avec son goût prononcé pour les mécaniques complexes au look rétro.

Le réalisateur brasse les références adroitement tout en créant un univers qui lui est propre (il y a aussi un peu du Action Mutante d'Alex de la Iglesia selon moi) et mène avec brio un casting très impliqué. Le budget est serré, mais adroitement géré. Seul bémol, l'histoire est un brin complexe et donne envie d'y retourner pour en saisir toutes les subtilités. Mais après tout, c'est peut-être bon signe...

 

Appuyez sur Play, mais attention car dans le noir on vous entendra crier....

 

Stéphane DELURE

Publié dans Cinéma d'épouvante

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