Now and Forever - Meduza (2002)

Publié le par Mordhogor

Meduza

 

Encore une couverture d'album magnifique, due au talent de Kristian Wählin, graphiste mais aussi musicien - de metal forcément - et auteur de nombreuses pochettes de metal extrême !

Malgré son thème, elle ne vous laissera pas de pierre. Quant à l'extrême, il n'en sera point ici question puisque nous abordons les rivages mélodieux du metal néo-classique, cette forme de heavy metal inspirée par la musique classique et popularisée par celui que l'on ne présente plus, le suédois Yngwie J. Malmsteen, virtuose de la six-cordes à l'égo surdimensionné.

Le genre metal néo-classique semble d'ailleurs être une spécialité suédoise, au même titre que les jolies blondes, puisque Meduza est un combo originaire de Suède, à cette particularité près que le chanteur, Apollo Papathanasio, est quant à lui grec - ce que vous aurez déjà deviné avec un nom pareil !

Pour les connaisseurs, ce nom ne vous est d'ailleurs pas inconnu, puisqu'il est la voix Ô combien reconnaissable de Majestic depuis 1999, groupe oeuvrant lui aussi dans le domaine déjà cité et qui prit en 2002 le nouveau pseudonyme de Time Requiem tout en gardant le même line-up mais en s'orientant vers des horizons plus proches du metal progressif. Apollo les quitta au bout de deux albums pour la petite histoire.

Malgré les ressemblances évidentes avec le groupe du claviériste Richard Andersson, nous avons bien à faire à un combo différent, certes fortement influencé par le travail de Malmsteen, mais également par des racines plus anciennes, telles que Deep Purple mais aussi et surtout le Rainbow de l'époque Joe Lynn Turner. Cela est particulièrement sensible sur des morceaux tels que I Will Rise (proposé en écoute), Touch the Sky, ou encore Holy Ground, merveilleusement servis par la voix chaude et éraillée d'Apollo, de même que par l'utilisation de la guitare et des claviers (sur Holy Ground, on se rapproche cela dit un peu des premiers Symphony X).

Chez Meduza, c'est la guitare qui se taille la part du lion, Stefan Berg se révélant être un virtuose dont il faudra retenir le nom, reléguant les claviers à un rôle plus secondaire, même s'il ne reste pas anodin, se différenciant en cela de Majestic ou Time Requiem, ces derniers étant fortement influencés par Malmsteen, bien sûr, mais aussi et surtout par Symphony X, donc se voulant plus progressifs dans leur approche, et férus des ambiances apportées par le clavier.

Avec ce Now and Forever qui, disons le tout de suite, est une incontestable réussite, on touche à ce que Malmsteen a fait de meilleur, et ce depuis longtemps (notez que j'écris cet article en 2012), et là je pense tout particulièrement au merveilleux Alchemy, sorti en 1999, que je ne me lasse pas d'écouter et qui s'est hissé sur des sommets que le suédois mégalomane n'est pas parvenu à tutoyer depuis, mille fois hélas.

Shed no Tears et Hounds of Hell, avec leurs rythmiques véloces, épiques et mélodiques, auraient ainsi trouvé aisément leur place sur cet opus incontournable de la discographie du virtuose de la six-cordes. La voix d'Apollo est d'ailleurs typique des chanteurs ayant oeuvré sur les albums du master, Mark Boals et Mats Léven en tête.

Il y a heureusement bien plus que du simple copié/collé dans cet album de Meduza. Prenez par exemple Twilight of my Mind, avec la difficulté du chant imposée au grec, ses jeux sur les changements de tons dignes du talent de la guitare qui l'accompagne. Le refrain de l'agréable ballade, Sleep, est du même acabit, et se révèle loin des capacités vocales de n'importe quel chanteur. Il y a un peu de At Vance là-dedans, dans ce que le groupe allemand a su proposer de mieux (donc avant le départ d'Oliver Hartmann et de Mats Léven, avant que l'inspiration ne s'en aille).

Land of Forgotten Dreams est parcourue de l'influence de Deep Purple, avec ce fantôme d'orgue Hammond, et les guitares s'y font plus discrètes - toutes proportions gardées, attention, car cet album est avant tout un disque de guitar-hero et de vocaliste d'exception !

L'ambiance égyptienne de Curse of Pharaoh est fort bien venue. Ce long morceau de près de 7 minutes commence de façon plus intime avant de monter sur un refrain "pharaonesque" et de nous faire profiter d'un long solo de guitare de toute beauté. Une approche plus progressive, ou la présence de breaks et de ponts sur ce morceau ne m'auraient pas déplu cela dit et auraient rendu le tout bien plus intéressant qu'il ne l'est déjà. Mais ne boudons pas notre plaisir.

On termine avec les 7mn23 de Burn in Hell, qui offrent le style progressif - bien sûr toujours fortement épicé de néo-classique - attendu et clôt l'album en beauté. La basse y est bien plus présente et fait son petit effet, de même que la batterie, instruments un peu relégués au second plan, style oblige, sur tout le reste de l'album.

Le tout a été mixé par Mike Wead et Andy la Rocque, que l'on ne présente plus, signe de qualité. Ils ont ici volontairement mis en avant guitare et voix.

Meduza nous a livré avec Now and Forever un somptueux album de metal néo-classique. Meduza fait partie de ces groupes nés du succès de Malmsteen et de Symphony X, et qui n'ont malheureusement pu trouver leur place dans l'ombre de ces géants, contrairement aux frenchies que j'apprécie beaucoup et qui ont su se forger une personnalité qui leur est propre, Adagio. Reste un bel album à découvrir, pour les amoureux du genre, tous ceux qui n'en avaient pas assez de Majestic et Time Requiem par exemple.

 

J'espère vous avoir donné envie de découvrir ce groupe qui mérite vraiment le détour. A noter qu'en 2004 allait suivre un nouvel album, Upon the World, avant que l'aventure ne prenne visiblement fin.

 

Bonne écoute,

 

Stéphane DELURE

 

Publié dans Metal néo-classique

Commenter cet article