Special Edition - Amaranthe (2011)

Publié le par Mordhogor

 

amaranthecover.jpg

Attention, OMNI ! Car ceci est bien un Objet Musical Non Identifié, trop rapidement classifié par les spécialistes en la matière de power metal à tendance death metal mélodique, le tout avec chanteuse !

Pourquoi pas, il y en a d'autres dans ce genre, Lacuna Coil par exemple.

Le problème, c'est qu'après avoir écouté l'album, force est de reconnaître que la dénomination choisie est beaucoup trop réductrice !!! Car personne n'avait trop parlé des arrangements modernes, de la touche gothique soignée et épique, de la tendance pop apportée par la sublime chanteuse - dans tous les sens du terme ! -, Elize Ryd.

Si vous regardez bien la pochette, vous comprendrez tout, ou presque ! Au fond, de gauche à droite, on voit le guitariste/claviériste (et principal compositeur du groupe), Olof Mörck, le batteur musculeux Morten Lowe Sorensen et le bassiste Johan Andreassen.

Et au premier plan apparaissent les trois chanteurs qui se partagent non pas l'album mais bel et bien chaque chanson ! Le premier, en partant de la gauche toujours, le doux Andy Solveström, apporte la touche death mélodique, la seconde, Elize Ryd, la voix claire aux capacités certaines - écoutez Amaranthine, et vous penserez à Céline Dion, la semblance allant jusqu'à certains tics vocaux, et même gestuels si vous regardez le clip ! -, et le dernier, Jake E (ex Dream Evil) le chant clair et mélodique du power metal. Et chacun est parfait dans son rôle, vraiment.

La musique est carrée, me faisant fortement penser au In Flames de ces dernières années. Normal me direz-vous, nous sommes en Suède, et l'école de death metal de Göteborg n'est plus à présenter, surtout pour ceux qui fréquentent cette page (sauf s'ils étaient venus ici pour le côté pop...).

Coup de marketing ? Pas impossible. In Flames a déjà vendu plus de deux millions d'albums dans le monde, et il n'a joué que dans le cadre du death mélodique. Alors si vous rajoutez à cela du power metal qui pourrait rameuter les fans d'Evanescence et ceux de la Pop pour le côté carrément mainstream - enfin presque - de certains morceaux, on peut prédire au groupe un succès retentissant.

Et la musique dans tout ça ? Eh bien, après quelques écoutes, je peux dire sans ambages que c'est du tout bon ! L'un des morceaux les plus costauds de l'album, Call Out My Name, avec ses guitares tranchantes, son rythme martelant et ses vocaux death plus marqués, est une véritable tuerie sur laquelle il est difficile de ne pas se prendre à remuer des fesses et des pieds ! Manque plus que les lights et la boule à facette ! J'imagine déjà les minettes en train de se trémousser sur les riffs pourtant musclés. Imparable !

Et des hits, il y en a plein la besace, comme les singles millimétrés que sont Hunger (à noter pour ce dernier un clip marrant à la 24H : manque plus que Jack Bauer !) et Amaranthine, mais aussi 1.000.000 Lightyears, Enter the Maze,....

Peut-être que la faiblesse de l'album est là, justement, dans ce trop plein de hits calibrés sur le même format. Toutes les chansons durent sensiblement la même durée, soit environ 3mn30. Toutes mêlent les différentes vocalises dans des ordres certes variés mais desquels ressort essentiellement la voix de la merveilleuse Elize. Ce n'est pas pour rien qu'elle a été choisie par Kamelot pour remplacer Simone Simons dans l'habituel duo effectué avec le chanteur. C'est d'ailleurs ainsi que j'ai remarqué le groupe, en me penchant sur ce qu'avait pu justement faire cette femme envoûtante qui représente l'ange noir prometteur de rédemption dans le clip Sacrimony (Angel of Afterlife). Entre parenthèses, cela veut aussi dire que vous allez bientôt avoir droit à une chronique de The Agonist, groupe dans lequel joue la toute aussi belle Alissa White-Gluz, autre intervenante dans le clip, celle-ci évoluant toutefois dans un registre beaucoup plus radical.

Pour la petite info, Amaranthe ouvre actuellement pour le groupe Kamelot justement, ce qui ne peut que lui ouvrir les portes d'un public plus large, susceptible de céder au charme du mélange proposé.

L'album, en comptant les deux titres bonus, compte 14 titres. Alors forcément, tout cela fait peut-être un peu beaucoup pour apprécier l'ensemble d'une traite, ensemble qui souffre d'une trop grande homogénéité. On aurait aimé un ou deux morceaux plus innovants, plus longs et complexes. Au lieu de cela, nous avons 14 tubes, et c'est déjà pas mal , avouez-le !

La musique est soignée, parfois épique, et sortent du lot ici et là d'intéressants solos de guitare. Olof Mörck est plutôt habile de sa six-cordes, qu'il se la joue rythmique - le plus souvent - ou soliste - et là c'est carrément brillant ! Il faudra cependant jouer avec les différents styles abordés, véritable challenge du groupe, car les amateurs de death pourront être rebutés par le côté mainstream, tandis que les fans des succès passés d'Evanescence seront quant à eux horrifiés par les growls et grunts d'Andy Solveström. Le metal étant une famille ouverte à bien des genres, il n'est pas impossible cependant que la recette fasse des émules et remplisse les salles. Pour ce que j'en sais, le Japon est déjà conquis, ce qui n'étonnera personne, mais assure déjà au groupe un vaste marché. A noter aussi que l'amaranthe est une plante qui ne se fane pas, ce qui peut laisser présager au combo un avenir radieux.

 

J'attends quant à moi avec impatience la suite de leurs aventures, que j'espère plus fouillée, même s'il est incontestable que cet album calibré pour le succès reflête le fruit d'un sacré travail.

 

En attendant, n'hésitez pas à découvrir ce groupe étonnant. Je vous laisse avec la délicieuse Amaranthine.

 

Stéphane DELURE

 

 

 

Commenter cet article