Ghosts of Mars

Publié le par Mordhogor

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Ah, que voilà donc un visage bien sympathique ! Engageant, prévenant, tout ce qui peut rassurer au détour d'un quartier dans lequel on s'est perdu, de nuit bien évidemment.

Bon, nous sommes en fait en compagnie de Big Daddy, le bad guy du dernier film en date de John Carpenter, l'un de mes réalisateurs préférés (The Thing, Fog, Prince des Ténèbres, New-York 1997, L'Antre de la Folie, Vampires, pour ne citer qu'eux), et j'attends The Ward avec impatience !!!

Le scénario paraît simpliste, même s'il cache, nous le verrons plus tard, bien des sous entendus : nous sommes en 2176, sur la colonie terrienne de Mars, un monde hostile et désertique habité par quelques milliers de mineurs. Le lieutenant Ballard (hommage à l'auteur SF de la Forêt de Cristal, mais aussi de Crash, qui aimait déjà mêler les corps humains aux éléments telluriques et métalliques) et son escouade doivent aller chercher et escorter le dangereux Desolation Williams, interprété par Ice-Cube (grosse erreur de casting à mon avis, car qui croit vraiment un seul instant à sa dangerosité ? Il est cependant la caution afro-américaine voulue par Carpenter pour montrer sur quel cliché les pouvoirs publics tirent depuis trop longtemps). Mais arrivés sur place, plus personne et beaucoup de sang sur les murs. Quant à la décoration à base de barbelés et d'instruments chirurgicaux, elle laisse à désirer ! Nous allons peu à peu apprendre qu'un accident a libéré les esprits des anciens habitants de Mars, une race entièrement vouée au culte du guerrier (Mais bon, rien d'étonnant, on est sur Mars. Et je me dis que si l'on avait été sur Vénus, quelles scènes en perspective !).

Quid du film ?

Attention : il ne s'agit pas, loin de là, de l'un des meilleurs films du maître des séries B, mais on peut dire sans se tromper  que cette pellicule est une excellente synthèse de ses oeuvres passées. Nous retrouvons en effet l'univers du film de siège façon Assaut, celui du western poussiéreux de Vampires (et que personne ne me dise qu'il ne s'agit pas d'un western !!!), celui de la contamination indicible de The Thing, le héros à la Snake Plissken (façon nounours quand même).... L'oeuvre est récréative, purement digestive pour Carpenter, comme s'il faisait un bilan des 30 dernières années avant de vouloir passer à autre chose. Depuis, faute de long métrage, il y a quand même le formidable segment TV de la série Masters of Horrors, la Fin Absolue du Monde !!!. A voir absolument !

Le film rentre assez vite dans le vif du sujet, exposant tout d'abord les personnages en insistant sur le casting féminin(curieux montage d'ailleurs, puisque l'on commence presque par la fin, ce qui gâche un peu le suspens à mon avis) avec notamment l'image de cette société futuriste qui est devenue matriarcale, les hommes n'étant perçus que comme des reproducteurs, des étalons. Pas une mauvaise idée, finalement ! Et cette société n'est finalement  pas une grande surprise, car l'on sait depuis Halloween (autre chef d'oeuvre carpenterien !) et Fog que les femmes peuvent en avoir une sacrée paire ! C'est l'angoisse ensuite nous étreint, avec la découverte des restes macabres des habitants du coin (beaucoup de sang et quelques morceaux de barbaque). Et puis ça y est, on y vient, le film de siège commence, véritable défouloir adroitement filmé dans le décor modernisé de ce qui pourrait être une ville du lointain Far-West fantasmé par Carpenter. Et jusqu'à la fin du film, par ailleurs assez convenue, le rythme ne va pas baisser. C'est fort, c'est gore, et le lointain cousin de Marilyn Manson qui manie si bien ses troupes et le hachoir devient d'emblée un bad guy comme on les aime, brutal et sans quartiers !

Oui, c'est bien tout ça, mais Carpenter le révolutionnaire fait-il désormais des films aux seules fins de guérir les pulsions des ados ?

Bien sûr que non ! Il est là pour assouvir ce besoin bestial qui sommeille en chacun de nous. Car nous sommes les maladroits pionniers du futur, les colons dévastateurs qui pillent et terraforment à tout va, avides de posséder tout nouveau territoire. Nous sommes les colons qui ont déjà détruit des civilisations entières, plus primitives que la nôtre. Et nous déchaînons dans le film quelque chose qui nous dépasse, une destruction annoncée au spectateur par le réalisateur, un avenir inéluctable qui nous guette au détour d'une prochaine erreur de parcours. Mais comme l'homme reste un loup, il se battra jusqu'au bout, afin de renverser la situation, fidèle aux influences de Carpenter, Hawks et Ford en tête.

Le récent Avatar aborde un sujet finalement similaire, celui de la colonisation, mais il propose une fin en totale contradiction avec les idéaux de Carpenter : pour Cameron, c'est l'indigène qui se révolte et gagne avant que le mot FIN n'arrive, alors que pour Carpenter, c'est le colon qui reprend les armes alors que la défaite paraissait inéluctable, décidé à reprendre les territoires durement gagnés ! Le temps de l'indigène, du passé est révolu. Carpenter n'est décidément pas politiquement correct, et c'est bien comme ça qu'on l'aime !

Bon, dommage, je n'ai pas trouvé de morceau de zique à vous mettre sous la dent. Anthrax a pourtant secondé Carpenter sur cette BO très Metal !

 

Oh, j'oublias : les gars, y'a Natasha Henstridge dans le film !!!!!!! Et Pam Grier pour les nostalgiques ! Et Jason Statham pour les filles rêvant d'une société matriarcale dans laquelle les hommes sont des étalons.............

 

@ bientôt,

 

Stéphane DELURE

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Grissom 31/03/2010 07:57



Non ce n'est pas The thing mais ce film est un sacré défouloir, avec du bien sanglant, une musique d'enfer, un bestiaire de crétures bien vilaines, du Carpenter pop corn movie......Intéressant la
vision de la place de l'homme dans la société.....ça fait froid dans le dos......